jeudi 26 août 2010

J+2

Ce matin j'ai droit à une toilette au lit, toujours attaché à mes tuyaux je ne peux pas me déplacer seul. C'est aussi une chose difficile à accepter de se dire que du jour au lendemain on ne peux même plus se laver, et à peine tenir assis dans un lit.
Encore une journée vaseuse devant la télé, la morphine abruti et je suis incapable de lire les bouquins que j'ai apportés.
On m'enlève le bandage au genou et le tuyau du redon et j'ai ensuite un simple pansement qui recouvre les agrafes sous la rotule. Je me fait encore aider pour atteindre les toilettes et soulager les intestins qui encaissent depuis 3 jours sans broncher. S'asseoir sur des WC la jambe raide est encore un exploit, le reste n'en est pas moins acrobatique.
Le kiné enchaîne avec les exercices de contraction de la cuisse. Petite nouveauté du jour, assis sur le rebord du lit, il m'accompagne la jambe gauche pour la plier à 90°. Sachant qu'elle est raide comme du bois, la douleur est intense au niveau de la suture mais on y arrive et c'est presque agréable de pouvoir la plier après 2 jours allongé. S'en suit une marche de 15 mètres avec une suée et toujours pas de sensations dans la jambe.
J'apprends que je sortirai de la clinique le lendemain et j'ai chois d'aller en centre de rééducation.
Malgré la glace le genou me lance méchamment, la soirée s'annonce douloureuse d'autant que l'infirmière arrête la pompe à morphine pour préparer mon départ.
La douleur atteint vite son maximum et toute position est insupportable. Je pense aux poilus blessés par les obus et à tout ceux qui souffrent sans le confort que j'ai malgré tout. Au milieu de la nuit je demande la remise en route de la pompe à morphine. Malgré ça, le genou est toujours en feu et n'ayant plus droit à mes perfusions d'antalgiques je me contenterai de comprimés. Je passe mon temps à pisser ce qui me vaut en plus de la gymnastique sur mon matelas penché. J'arrive à dormir au petit matin quand la tempête est passée.

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