mardi 31 août 2010

J+7

J'arrive maintenant à dormir une nuit ininterrompue, en dé-serrant un peu l'attelle je peux me tourner un peu et retrouver ma position préférée. Je sens bien que la jambe opérée est de plus en plus mobilisable et il m'arrive de me déplacer dans la chambre sans béquilles. Il me faut encore de l'aide pour enfiler les bas de contention mais je pourrai bientôt plier suffisamment la jambe pour attraper mon pied.
Séance kiné du matin :
- massage
- contractions du quadriceps
- flexion à 100°
- travail des ischios
- extension du mollet (se tenir debout quelques secondes sur la pointe des pieds) 5 X 10
- éléctrostimulation.
Séance de l'après-midi idem.
Chaque séance dure au moins 1H30, c'est un vrai plus de suivre cette rééducation en centre car plus motivant que de faire les exercices seul chez soi sans le matériel ad hoc.
La jambe plie de mieux en mieux et je peux maintenant tenir le genou légèrement relevé sur le lit sans forcer ce qui est très appréciable.
Il y a une semaine, je passais sur le billard.

lundi 30 août 2010

J+6

Changement de pansement, il reste une semaine avant d'enlever les agrafes. La suture est complètement insensible et les alentours ont viré au jaune avec un bleu dans le creux poplité, mais le genou a encore désenflé aujourd'hui.
C'est lundi et la rééducation va vraiment commencer aujourd'hui avec 2 séances de kiné par jour. Au programme du jour :
- massage
- contractions du quadriceps
- flexion à 90°
- travail des ischios (flexion avec contrainte)
- éléctrostimulation.
Aujourd'hui la flexion se passe très bien, j'arrive même à forcer pour la plier. Je fais même quelques pas sans l'attelle mais pas question de mettre trop de poids sur la jambe. Par contre, toujours impossible de lever la patte quand je suis allongé. La kiné est cependant étonnée que les muscles répondent aussi bien et que la flexion atteigne déjà 90° à 6 jours. Elle me garanti une récupération rapide, ce qui est encourageant.
Il faut noter que mon opération était prévue et pas consécutive à une accident ou une fracture. J'ai pu prendre le temps de me préparer en faisant quelques centaines de bornes de vélo pour renforcer la musculature, ce qui facilite la récupération tout comme la kiné pré-opératoire.
Une séance identique a lieu l'après-midi et ça suffira car le genou chauffe malgré tout et la sieste et bienvenue. J'ai pas beaucoup dormi la semaine dernière et je sens le retard qui me rattrape.

dimanche 29 août 2010

J+5

Première douche depuis l'opération!
Après avoir filmé le genou (avec du film) pour protéger le pansement j'ai enfin la possibilité de me mettre sous une douche. C'est aussi la première occasion de me tenir debout sans attelle ni cannes, à poil quoi! Il est cependant impossible de compter tenir debout sur la jambe opérée, elle n'a aucune stabilité ce qui nécessite beaucoup de précautions.
Pas de kiné le dimanche mais j'en profite pour faire une séance d'éléctrostimulation puis je fléchis la jambe à 90° tout seul sur le bord du lit, mais il me faudra bien 10 min pour y arriver. Cette position me soulage, rester la jambe tendue en permanence devient désagréable et je ne sais plus comment me mettre.
Le genou a bien désenflé ces 2 derniers jours, une aide-soignante a insisté pour que j'applique de la glace malgré ma réticence. En effet j'avais arrêté la glace après la douloureuse dernière nuit à la clinique, plus j'en mettais plus j'avais mal. Ce n'est qu'arrivé ici que cette aide-soignante m'a expliqué qu'il ne fallait pas dépasser 20 min.
Je reçois ensuite de la visite, ce qui me remonte le moral et me permet de me promener dehors ce qui est très stimulant, j'ai vraiment envie de faire bouger cette jambe.

samedi 28 août 2010

J+4

Premier jour sans douleur.
Séance kiné à 8H30, ma première suée avec les béquilles est déjà un lointain souvenir, je me déplace maintenant tout seul dans les longs couloirs de l'établissement. J'entreprends même la descente des 4 étages par l'escalier. Pas de miracle non plus, la jambe est toujours fermement maintenue par l'attelle qui ne me quitte même pas la nuit.
Au programme, exercices de contraction musculaire habituels puis éléctro-stimulation.
La flexion de la jambe à 90° est beaucoup moins pénible que la veille, surtout moins musclée. Question de délicatesse, puisque j'ai la chance d'être entre les mains d'une kiné.
Par contre il est toujours impossible de lever la jambe de la table en étant allongé (sidération musculaire).
Je passe la journée assis sur le lit, il m'est toujours impossible de tenir sur une chaise avec la jambe tendue. Je tente cependant de détendre l'attelle pendant les repas ce qui me permet de fléchir légèrement la jambe et être assis sur les 2 fesses.
Mes camarades de tablée sont diversement amochés et je relativise mon handicap passager, qui a été volontairement programmé, par rapport à ceux qui ne remarcheront jamais après un accident ou qui ont perdu un membre.
Un autre KJ, opéré un mois avant moi, marche déjà aisément sans canne ce qui me donne de bons espoirs pour les semaines à venir.
Première nuit complète depuis l'opération sans être réveillé par la douleur, c'est appréciable. Le plus inconfortable maintenant est de rester la jambe tendue et dormir sur le dos. L'envie de se tourner est presque irrésistible et je rêve de plier le genou. C'est à se demander comment on peu supporter un plâtre pendant un mois.

vendredi 27 août 2010

J+3

Dès le petit déjeuner terminé on me débranche enfin tous les tuyaux et je prépare le départ sur une jambe.
Le kiné me fait travailler une dernière fois avant de partir. J'ai bien cru que j'allais pleurer tant il a du pousser sur la jambe jusqu'à ce qu'elle plie à 90°. Ce fût beaucoup plus douloureux que la veille et j'ai eu l'impression qu'on allait faire péter les agrafes tellement ça tirait. La balade du jour a lieu dans les escaliers où j'apprends à trainer ma patte raide.
Le grand départ arrive ensuite, escorté sur un brancard je sors par la petite porte pour partir au centre de rééducation.
Le voyage dure une bonne heure et après une partie sur autoroute, la conduite devient rock'n roll avec moult virages, rond-points et ralentisseurs qui transforment la route en chemin de croix. Crispé au brancard à chaque secousse je suis en nage et étant parti la jambe en feu la douleur est au taquet en arrivant au centre. Un repas m'attend dans la chambre mais je jongle tellement que je ne peu pas manger. J'avoue que j'ai commencé à regretter l'opération.
Après entrevue chez le médecin qui a reconsidéré mes rations d'antalgiques, l'après-midi fût plus paisible malgré la difficulté à me traîner et à m'installer dans la chambre étroite.
Les repas sont pris dans une salle commune, je dois maintenant me déplacer seul.
Le soir je mange hors du lit pour la première fois depuis l'opération. Rester assis avec la jambe attelée est très douloureux, le repas me semble interminable. Je remonte dans la chambre en sueur avec une fanfare dans le genou, ça promet...
Pourtant l'effet des médicament se fait vite sentir et je passe une soirée tranquille devant la télé et pour la première fois je m'endors sans avoir mal.
La trêve est de courte durée car je suis réveillé par des résonances dans le genou, à me couper le souffle. Obligé de me lever pour atténuer la douleur qui est à 10/10 comme à midi. J'avale 3 des 4 cachets bonus en 2H pour en venir à bout.

jeudi 26 août 2010

J+2

Ce matin j'ai droit à une toilette au lit, toujours attaché à mes tuyaux je ne peux pas me déplacer seul. C'est aussi une chose difficile à accepter de se dire que du jour au lendemain on ne peux même plus se laver, et à peine tenir assis dans un lit.
Encore une journée vaseuse devant la télé, la morphine abruti et je suis incapable de lire les bouquins que j'ai apportés.
On m'enlève le bandage au genou et le tuyau du redon et j'ai ensuite un simple pansement qui recouvre les agrafes sous la rotule. Je me fait encore aider pour atteindre les toilettes et soulager les intestins qui encaissent depuis 3 jours sans broncher. S'asseoir sur des WC la jambe raide est encore un exploit, le reste n'en est pas moins acrobatique.
Le kiné enchaîne avec les exercices de contraction de la cuisse. Petite nouveauté du jour, assis sur le rebord du lit, il m'accompagne la jambe gauche pour la plier à 90°. Sachant qu'elle est raide comme du bois, la douleur est intense au niveau de la suture mais on y arrive et c'est presque agréable de pouvoir la plier après 2 jours allongé. S'en suit une marche de 15 mètres avec une suée et toujours pas de sensations dans la jambe.
J'apprends que je sortirai de la clinique le lendemain et j'ai chois d'aller en centre de rééducation.
Malgré la glace le genou me lance méchamment, la soirée s'annonce douloureuse d'autant que l'infirmière arrête la pompe à morphine pour préparer mon départ.
La douleur atteint vite son maximum et toute position est insupportable. Je pense aux poilus blessés par les obus et à tout ceux qui souffrent sans le confort que j'ai malgré tout. Au milieu de la nuit je demande la remise en route de la pompe à morphine. Malgré ça, le genou est toujours en feu et n'ayant plus droit à mes perfusions d'antalgiques je me contenterai de comprimés. Je passe mon temps à pisser ce qui me vaut en plus de la gymnastique sur mon matelas penché. J'arrive à dormir au petit matin quand la tempête est passée.

mercredi 25 août 2010

J+1

Au petit matin j'ai droit à une chopine d'antalgique qui sera la bienvenue car le genou commence gentiment à me résonner dans la tête malgré la jambe endormie.
Les sensations sont toujours vaseuses sans faim ni soif, les bras ballants sur le lit jambes en l'air et dos relevé.
A ma grande surprise le kiné vient me sortir du lit à peine le petit déjeuner terminé.
Je commence les exercices habituels de compression de la main sous le genou. Descendre du lit tient de l'exploit, le genou gauche est complètement bloqué, inerte et surtout très douloureux. La pirouette consiste à lever la jambe opérée avec la jambe valide en croisant les pieds. Une fois debout sur les béquilles, le kiné me traîne dans le couloir avec mes casseroles. Je me rends vite compte que je ne sais/peux plus marcher. Rien ne répond dans la jambe gauche à part une sourde douleur. Les 10 mètres de couloir m'ont mis en sueur, il faut aussi se remettre au lit avec la jambe raide.
La journée se passe devant la télé entre assoupissements et douleurs, ce qui me vaut des recharges régulières d'antalgiques.
Le soir je me fait aider pour aller à la salle de bain en béquilles. Toute une expédition puisqu'il faut traîner un bocal, un porte-manteau de perfusions et la pompe à morphine.
Mais quelle délivrance de pisser une valse verticale!
La 2ème nuit ressemble à la première, entrecoupée de contrôles toutes les 2 heures. Rester sur le dos devient lassant surtout avec la chaleur étouffante le bas de contention et l'attelle. Les plus simples détails deviennent des problèmes : le talon gauche collé depuis 24H au matelas frôle l'ampoule, et la jambe attelée raide comme du bois rêve de se plier un peu pour se détendre.
Les douleurs sont toujours présentes par cycles et j'ai encore droit à des bonus d'antalgique en plus de la morphine.

mardi 24 août 2010

Jour J

J'entre en clinique le matin de l'opération attelle et béquilles sous le bras, épilé et douché plusieurs fois à la Bétadine.
Après avoir photographié mon genou encore intact sous toutes les coutures, il est l'heure de mettre la tunique de rigueur pour descendre au bloc opératoire.
L'attente est longue, à jeun depuis la veille 23H je suis impatient d'en découdre, l'intervention n'aura lieu qu'à 18H.
Le plus compliqué est de me faire à l'idée que j'ai moi-même décidé de me mettre minable pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois en optant pour cette opération.
L'anesthésiste, qui m'a conseillé l'anesthésie générale, me plonge donc enfin dans le cirage.
Je me réveille à 20H et suis remonté dans la chambre à 21H une attelle à la jambe, encore vaseux mais bien décidé à manger enfin quelque chose. Je n'aurai droit qu'à un yaourt et une compote, mais les perfusions feront le reste.
Un cathéter dans l'aine inonde la jambe gauche de morphine avec une pompe, je ne sens plus ma cuisse et du coup pas trop de douleurs à part un ronronnement dans le genou estimé à 6/10. On nous demande de donner une note à l'intensité de la douleur afin de mieux la calmer, il faut apprendre à jauger sa souffrance (0 étant aucune douleur et 10 le seuil de l'insupportable).
J'ai aussi un tuyau qui draine du liquide du genou dans un bocal (redon).
La nuit est brumeuse, entrecoupée de prise de tension toutes les 2 heures.
Je ne bois pas mais bizarrement je pisse beaucoup. Uriner dans un pistolet sur un lit les jambes relevées et la nuit de surcroit, s'avère être un exercice plutôt compliqué.

Préambule

Pourquoi ce blog?
- pour apporter un témoignage concret sur cette intervention et le long chemin de la rééducation, ayant moi-même beaucoup cherché d'infos avant de me décider à subir l'opération
- pour raconter mon aventure aux personnes qui me connaissent
- pour rompre l'isolement que provoque la souffrance et tenter d'exorciser les doutes et angoisse qu'elle engendre
- pour me passer le temps
- parce que j'ai la flemme d'écrire un livre
- parce que je suis nombriliste

Pourquoi cette intervention?
Après la rupture du ligament croisé antérieur (LCA) consécutive à une entorse du genou gauche survenue il y a plus de 10 ans, j'ai perdu la stabilité sur cette jambe ce qui m'a valu plusieurs entorses des ligaments latéraux internes et une laxité de 15 mm. Des douleurs au genou sont ensuite apparues pendant les stations debout prolongées. Le risque d'usure prématurée des ménisques menant aussi à de l'arthrose, j'ai décidé de consulter un chirurgien.
C'est en fonction de différents paramètres (âge, profession, activité sportive, motivation...) que la décision de se faire opérer ou pas se prend avec le chirurgien. Plusieurs techniques chirurgicales existent, dont celle de Kenneth-Jones.

Qu'est-ce que la technique de Kenneth-Jones?
C'est le remplacement du LCA rompu par un lambeau de tendon, prélevé sur le tendon rotulien, vissé dans le fémur et le tibia. L'intervention a lieu sous arthroscopie, seule une incision est pratiquée sous le genou pour prélever le tendon. Cette opération nécessite une longue rééducation, clé de voute de la récupération complète du genou.